`
Le SCoT
Rubrique

Le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) du Pays de Saint-Omer a été approuvé le 7 Mars 2008, à l’unanimité des membres du Comité Syndical du Syndicat Mixte Lys Audomarois (SMLA).

 

Au moment de son adoption, le code de l’urbanisme prévoyait l’obligation d’évaluer les résultats de l’application du SCoT au maximum 10 ans après son approbation.

A ce titre, le SMLA a confié à l’Agence d’Urbanisme et de Développement de la Région de Saint-Omer la réalisation d’une évaluation des résultats du SCoT et des dynamiques qu’il a initié au cours des six dernières années.

 

L’analyse des résultats sur les quatre thématiques visées à l’article L. 122-13 du code de l’urbanisme, voici les principaux éléments d’analyse :

 

En matière d’environnement  :

Le SCoT identifie la préservation de la biodiversité comme un enjeu essentiel pour le territoire. Il fixe les principes de préservation des principaux cœurs de nature et des continuités écologiques. Il reprend ainsi les grands objectifs de la Trame Verte et Bleue régionale, qu’il précise autour de l’agglomération de Saint-Omer en identifiant particulièrement les limites naturelles à l’urbanisation et les coupures vertes à préserver. Le SCoT rappelle également l’enjeu de la préservation de la ressource en eau. Parmi les milieux remarquables du territoire, le document insiste spécifiquement sur les enjeux de préservation du Marais Audomarois.

Sur le plan énergétique, les ambitions du SCoT en faveur de la sobriété énergétique du territoire et de la production d’énergie renouvelable ont été soutenus par la déclinaison de la stratégie «  mobilité  » du territoire et les actions engagées dans le cadre du Plan Climat Territorial, développé volontairement par le Pays de Saint-Omer.

Le territoire s’est aussi inscrit dans la déclinaison locale de la stratégie régionale exposée dans le «  Plan 100 000 logements  » et prévoit en 2014 le lancement d’une campagne d’audits énergétiques et environnementaux éclairant les propriétaires dans leur projet de rénovation. Depuis l’approbation du SCoT , le conseil aux particuliers a également été renforcé par l’ouverture d’un Espace Info Energie de Pays, assurant des permanences régulières dans l’ensemble des intercommunalités.  Le territoire s’est également saisi de l’enjeu de production d’énergie renouvelable en poursuivant les projets de développement éolien.

 

En matière de transport et de déplacement  :

Le SCoT propose une montée en puissance progressive de l’offre de transports en commun par le renforcement du réseau de transports urbains de l’agglomération et la définition d’un schéma concerté d’organisation et de développement des transports collectifs à l’échelle du Pays. Par ailleurs, conscient que dans des territoires peu denses, le SCoT insiste sur la nécessité de repenser l’usage de la voiture individuelle et développer les modes doux au service des déplacements quotidiens.

Depuis l’approbation du document, l’offre de transports en commun s’est particulièrement développée autour des initiatives engagées par la Communauté d’Agglomération de Saint-Omer, dans le cadre du renforcement des lignes CASOBUS, de la création de transports à la demande desservant les communes rurales et zones d’activités et de l’aménagement de pôles de correspondance, en particulier à la Gare de Saint-Omer.

Parallèlement, des initiatives en faveur d’un usage plus respectueux de la voiture individuelle grâce au covoiturage et à la mobilité électrique sont entrepris et l’intégration des cheminements doux dans les projets d’aménagement progresse.

Dans le cadre de son objectif de maîtrise des pollutions et nuisances liées aux transports, le SCoT insiste également sur l’enjeu de report modal d’une partie des trafics de marchandises sur des alternatives à la route. Dans ce domaine, l’accroissement du fret ferroviaire et de la voie d’eau est identifié comme une potentialité à développer.

 

En matière de maîtrise de la consommation d’espace  :

Face au renchérissement des prix de l’énergie et aux enjeux du développement durable, le SCoT expose les bases d’un nouveau modèle de développement urbain. Il propose de soutenir l’émergence de la ville des courtes distances privilégiant le renouvellement urbain et renforçant l’urbanisation de manière compacte au plus près des services, commerces et emplois. Dans le cadre des objectifs de développement urbain, il souligne la nécessité de ne pas renforcer l’urbanisation dans les hameaux non structurés, afin de privilégier le développement des cœurs de communes.

La généralisation des Plans Locaux d’Urbanisme communaux et intercommunaux participe, en effet, pleinement à la déclinaison des orientations du SCoT , notamment en matière de consommation d’espaces.

De même, l’analyse effectuée sur l’évolution prochaine des polarités identifiées dans le document a, en effet, démontré une érosion, depuis 2008, du poids du pôle urbain et des bourgs-centres des Communautés de Communes dans la dynamique démographique et la production de logements. Afin d’enrayer leur affaiblissement et de garantir le maintien d’un bon niveau de services sur l’ensemble du territoire, des opérations de redynamisation des centralités ont par conséquent été engagées avec l’appui de dispositifs tels que le FISAC ou la Programmation Pays.

 

En matière de développement économique et d’implantation commerciale  :

Le SCoT a été élaboré dans une période de profonde mutation économique du Pays de Saint-Omer liée à la restructuration de ses activités industrielles traditionnelles. Il insiste sur la nécessaire diversification du tissu économique local et fixe pour cela les conditions permettant d’améliorer l’accueil des investisseurs et d’organiser une gestion concertée et partagée du foncier à vocation économique. Par l’intégration d’un véritable Schéma Territorial des Terrains à Usage d’Activités, il fixe une hiérarchie des zones et les modalités de leur création et de leur extension. Il propose, entre autres, de conforter le rôle de place marchande qu’occupe historiquement l’Audomarois, de s’appuyer sur la valorisation des atouts touristiques et d’utiliser la culture comme un véritable vecteur de développement.

Ces initiatives ont permis d’atténuer les effets des restructurations industrielles sans toutefois compenser entièrement les pertes d’emplois enregistrées dans les secteurs d’activités traditionnels.
Concernant le développement commercial, conformément aux orientations du Schéma, on constate depuis 2008 la structuration effective du pôle commercial du secteur central de l’agglomération qui a notamment permis de combler des segments manquants tels que l’équipement de la maison ou le bricolage. Parallèlement, des démarches ont été engagées afin de conforter la polarité du centre-ville de Saint-Omer notamment par le réaménagement des principales artères commerçantes à l’image des projets développés sur la rue de Thérouanne et la rue de Dunkerque. Des réflexions sont également en cours afin de développer l’offre commerciale de la ville-centre, dans le cadre du projet de «  l’îlot Banque de France  » et de la démarche «  Saint-Omer 2020  ».

Les objectifs du SCoT visant à favoriser la redynamisation commerciale des bourgs-centres et des pôles relais, ont également été développés ces dernières années par la mise en place à l’échelle du Pays d’une opération de redynamisation du commerce et de l’artisanat.

Depuis 2008, on observe en outre l’émergence de nouveaux pôles de proximité en milieu rural comme  à Mametz ou Enquin-les-Mines.

Enfin, depuis l’approbation du SCoT il convient de souligner que le développement des nouvelles technologies a induit de nouvelles formes de commerce en développant les achats en ligne et les commandes préalables sur internet.

Bien que l’analyse des résultats semble démontrer la pertinence du projet stratégique de territoire, il convient d’observer que, sur plusieurs sujets, notamment les transports et la mobilité, la stratégie numérique et la prise en compte des questions environnementales, les projets développés sur le Pays de Saint-Omer vont parfois d’ores et déjà au-delà des objectifs énoncés par le SCoT . Se pose ainsi la question de l’actualisation des orientations énoncées dans ces domaines.

Une évolution du document est donc nécessaire afin d’assurer sa mise en conformité avec la loi Grenelle 2. Cette évolution devra, également, prendre en compte la révision de la Charte du Parc Naturel Régional des Caps et Marais d’Opale, du SDAGE Artois-Picardie et du SAGE de l’Audomarois, avec lesquels le SCoT doit être compatible.

 

Enfin, au 1er Janvier 2014, le périmètre du SCoT du Pays de Saint-Omer a été étendu par  :

L’extension du périmètre de la Communauté d’Agglomération de Saint-Omer à six nouvelles communes (Bayenghem-les-Eperlecques, Mentque-Nortbécourt, Nordausques, Nort-Leulinghem, Tournehem-sur-la-Hem, Zouafques)
L’extension du périmètre de la Communauté de Communes du Pays de Lumbres à 5 nouvelles communes (Audrehem, Bonningues-lès Ardres, Clerques, Journy, Rebergues)
L’adhésion au SMLA de la Communauté de Communes du Canton de Fruges (25 communes)
Cet élargissement nécessite de préciser les orientations du SCoT sur les 36 nouvelles communes intégrées.

La révision du SCoT du Pays de Saint-Omer revêt donc trois objectifs majeurs  :

  • L’actualisation des objectifs du projet de territoire, notamment dans les domaines mis en exergue par l’analyse des résultats de l’application du Schéma,
  • La mise en conformité du document avec les objectifs de la loi portant engagement national pour l’environnement,
  • L’intégration de 36 nouvelles communes dans le projet de territoire.